Coaching: ombre et lumière

exp valLe coaching est un métier, une profession, une vocation et ne se résume pas seulement à une palette de techniques. Dans la réflexion ci-dessous, nous poserons 4 questions essentielles sur la profession et son apprentissage, que nous associerons aux 4 éléments et à des principes vitaux pour l’hygiène du Coach.

Et Sophie de Hemptinne, coach formée BAO Elan Vital et philosophe terminera par un partage sur la lumière et l’ombre du coach ou plutôt… du Coach !

  1. L’Air : le mental

La première question concerne la formation du coach et le développement de la fonction ‘pensée’, le côté tête, le mental, l’Air, la réflexion profonde sur les motifs, la technique, les outils.  L’envie d’aider, d’accompagner autrui et l’intégrité morale ne sont pas suffisantes pour exercer ce métier car elles risquent de provoquer une identification exagérée à l’archétype du Guérisseur, voire du Sauveur. Il est essentiel  pour la personne qui veut se lancer comme coach de :

  • travailler les théories et les techniques du coaching, en coachant et se faisant coacher
  • se familiariser avec les différents courants et épistémologies du coaching,
  • s’informer, lire, écrire des articles, participer à des conférences et ateliers, en faciliter, créer du contenu
  • s’impliquer dans des groupes de travail, dans des fédérations professionnelles
  • être en formation continue en restant ouvert aux autres courants de pensée.

L’hygiène mentale du coach, son ‘know how’, sa formation de base et continue est donc essentielle, mais elle n’est pas suffisante pour faire du bon travail

  1. L’Eau : les émotions

La deuxième question concerne le côté « coeur » qu’il faut entendre comme un profond engagement dans une démarche de coach : une bonne connaissance de soi, ses talents, ses limites, ses ombres. Identifier ses besoins, ses valeurs, gérer les émotions et aller à la recherche et la confrontation avec ses peurs, ressentiments, jugements. En langage jungien, il s’agir de développer le sentiment, fonction de valeur.

L’hygiène psychologique et émotionnelle du coach, son développement personnel est primordial.

  1. La Terre : le côté matériel, le physique

La troisième question concerne le rapport au monde concret du coach, sa connaissance du fonctionnement humain, des limites du coaching, de la systémique, les organisations et leurs rouages, l’expérience de vie et professionnelle acquise, le rapport à l’argent, les conditions matérielles qu’il crée pour exercer en tant que coach et son rapport au physique, son propre corps et le langage corporel de l’autre.

Dans le rapport au corps trop souvent des aspects capitaux sont oubliés : la gestuelle, la souplesse, la respiration, l’écoute, le silence, la maladie, la détente, la décontraction, le temps, les limites, l’alimentation, etc…

Jung parle de la dimension Sensation. C’est un aspect essentiel de l’hygiène corporelle du coach

  1. Le Feu : le travail de l’âme et de l’intuition

Il y a aussi une quatrième question, tout à fait essentielle, qui concerne l’intuition, telle que Jung la décrit dans sa typologie.

Il s’agit de la possibilité de faire des liens, d’anticiper sur des situations à venir, d’enrichir le travail de coaching par des apports extérieurs, d’être disponible pour accueillir l’inconnu, le symbolique, l’intangible, le ‘surgissement’, l’émergence, la transformation : la dimension métaphysique du coaching.

C’est l’hygiène de l’ouverture et de la disponibilité: le Feu

Tous ces aspects renvoient en permanence le coach à ce qui l’a conduit à devenir coach, à vouloir devenir coach. Ne pas être conscient de ces 4 dimensions, en négliger une, en privilégier une au détriment de l’autre remet en cause la démarche de coaching et son apprentissage.

  1. La formation des coachs: deux grands courants

Le premier s’inscrit dans un courant mécaniste, technique.  Il encourage le coach à rechercher l’obtention des résultats observables à partir de changements de comportements chez le coaché. Il s’agit alors de mesurer l’efficacité du coaching, de n’apprécier que les résultats tangibles et mesurables, c’est le coaching axé performance. Le savoir-faire.

Le coach est encouragé à se former à des techniques et à des outils, à apprendre son métier de coach. Toutes ces techniques peuvent être utiles mais elles sont insuffisantes si elles la question centrale du désir profond du coach, du sens que devenir coach a pour lui, de la transformation profonde qui doit s’opérer en lui pour légitimer son projet.

Le deuxième s’inscrit dans un courant plus centré sur la personne du Coach et du Coaché.  Il interroge sur le désir de devenir coach et l’oriente vers une position de travail où il est son seul «outil». Et cela, nécessite le Savoir-Etre.

La formation BAO Elan Vital s’inscrit plus dans le deuxième courant. Le Coach avec majuscule.  L’aspect technique reste important et n’est naturellement pas négligé mais la relation, le respect du rythme de l’autre, la présence, la bienveillance et l’intuition restent prédominants.

De là l’importance du travail de l’ombre du coach et l’hygiène du suivi, thèmes abordés dans notre formation.

L’ombre du coach, c’est-à-dire le revers de la vocation, est le fait d’être dominé par un complexe de puissance, le Gourou, la Star, la tentation d’utiliser la position de coach pour se prendre une place dominante et vampiriser ainsi l’énergie du coaché au propre profit du coach. Cette ombre, est le plus souvent invisible, et pour cause, car elle est dans dans l’angle mort. De là l’importance du feedback.

C’est l’hygiène de la supervision et/ou de l’intervision (groupe d’échanges de pratiques) qui permet de débusquer ses ombres et de s’y confronter.  La supervision se doit être régulière et s’inscrire dans la durée, tout au long de la vie professionnelle du coach.

  1. La créativité du coach

Dernier point de l’hygiène du coach et pas le moindre, est la place que le coach accorde à sa créativité personnelle.

Créativité personnelle, cela veut dire être relié à l’enfant en soi, se mettre régulièrement en position de jeux ou d’apprentissage, pratiquer une discipline artistique, sportive ou autres afin de sortir de sa zone du connu pour entrer dans la zone de la joie de l’apprentissage permanent.

C’est une des façons de ne pas s’associer avec l’archétype du Gourou, le Marchand de Bonheur, l’Apprenti Sorcier  ou le Charlatan afin de ne pas être d’être pris en permanence dans son ombre.

Ce thème de «ombre et lumière du coach» sera exploré dans les deux textes suivants rédigés par Sophie de Hemptinne, qui a démarré sa pratique de coach depuis peu et qui est philosophe depuis longtemps.   Nous sommes ravis d’offrir une plateforme à ceux qui désirent partager une opinion, un exercice, une réflexion concernant le coaching et le développement personnel.   

Daniëlle De Wilde, trainer-coach BAO Elan Vital et superviseuse de coachs. d.dewilde@baogroup.be

 

Coaching : ses dangers et sa pertinence

profession passion

« L’engouement pour le coaching répond à un besoin de notre époque en même temps qu’il peut refléter ses dérives. Les sages s’accordent à dire que nous dérivons souvent, d’un extrême à un autre, cherchant un équilibre difficile à trouver parce qu’il se passe dans les profondeurs. Au sortir de la pédagogie noire et son poids de culpabilisation, le coach nous nettoie de ces toxines par la pensée positive, l’importance du bien-être et de l’estime soi, afin de s’accomplir pleinement.

Faisons attention au retour de balancier; ne passons pas du déni du bien-être au déni de la souffrance inhérente à la vie. On aurait tôt fait de tirer un trait sur la nécessité de souffrir pour être une personne bien et de la remplacer sans nuance par la nécessité d’être une personne pleinement épanouie. Vous le sentez bien alors, le problème de fond reste le même car les deux extrêmes se touchent : qu’on soit coupable de trop penser à soi et à son plaisir ou, au contraire, de ne pas être pleinement épanouis et accomplis, dans les deux cas on se sent coupable ; la pression est là.

C’est que chercher à répondre à une norme extérieure nous fait passer à côté de ce que la Vie a à nous apprendre de plus profond. Le véritable coaching a justement pour mission de permettre à la personne d’aller dans ses propres profondeurs pour accueillir les choses telles quelles sont, dans toutes les nuances et complémentarités de sa vie, sans déni. Oui, le bon coaching est une épreuve de vérité avant d’être une nécessité d’atteindre des objectifs. Il rejoint le regard de sagesse qui pose la question du sens avant de vouloir que quelque chose ne change. Et si, bien plus profondément que l’accomplissement de soi, il était plutôt question de naissance intérieure ? Et si la souffrance elle-même prenait alors sens à la lumière de cet accouchement d’âme ?

Autrement dit, le terme de « coach » est mal choisi selon moi. On pourrait continuer à l’employer pour ceux qui aident au dépassement de soi dans les domaines qui touchent à la performance et la compétition. Mais le véritable Coach de vie professionnel est comme un sage praticien. Sa joie est de s’effacer pour qu’advienne l’autre. Sa pratique est un art, une danse en synchronisation, par laquelle la personne est amenée à remettre du sens dans sa vie et à finalement faire les choix justes. Non pas en vue d’un épanouissement édulcoré et superficiel, mais vers la joie profonde. Celle qui assume les frustrations pour qu’émergent les vrais désirs, celle qui assume les inconforts pour oser le renouveau, celle qui assume les souffrances et en tire parfois les plus grands enseignements.

C’est la puissance d’un questionnement ouvert qui va permettre à la personne d’avoir accès à ses ressources, même insoupçonnées, pour se donner la permission d’embrasser tous ses lieux de vulnérabilité et en faire des cadeaux. La vulnérabilité et les blessures rendent la vie poreuse, permettant à la lumière et l’amour de passer. A trop vouloir se construire une vie sans faille, on risque de passer à côté de l’appel à l’essentiel qui nous sors hors de notre zone de confort pour nous mener plus profondément que notre propre profondeur. Là où résident nos désirs les plus grands, là où résonne l’appel de la Vie, l’appel à la Vie. Cet appel est au plus intime de nous. Il ne réclame pas de correspondre à quelque norme que ce soit. Il fait fi de tout jugement. Il est là, dans cet amour inconditionnel gage de notre liberté intérieure. Il est là, dans ce présent qu’est le présent, dans toute sa simplicité et toute sa puissance. »

Sophie de Hemptinne

 

Le coach et le philosophe

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« Comme le phœnix qui renait invariablement de ses cendres toujours plus puissant, la vie va, entre cendre et feu, entre ombre et lumière, entre douleur et joie, entre contractions et détente, de naissance en renaissance, vers la naissance à soi. Saut aux confins du mystère pour le philosophe: le sommet de la vie ne se situe pas au moment de l’arrivée à l’âge adulte, pour l’âme humaine. Échappant aux lois purement biologiques, celles de l’âme végétale ou animale, qui atteint le sommet de la vie lorsqu’elle peut engendrer, l’âme humaine au contraire tend sans cesse vers la source de son être. Et le coach, philosophe praticien, de célébrer cette puissance de renaissance, toujours possible. Vers où va-t-il donc, pour que ne cesse jamais son développement intérieur?

Le mot « coach » est galvaudé, souvent utilisé pour parler simplement de « l’entraîneur » ou du « conseillé ». Or le véritable Coach a le plus beau métier du monde :).  Il devrait peut-être plutôt être appelé « Éveilleur » ou « Sage femme ».  Car, comme un des précurseurs de la philosophie, Socrate, il accouche les âmes.  C’est l’âme qui décide si elle opère une nouvelle naissance, comment et quand. Le coach, dans une virtuose délicatesse, juste par la puissance de son questionnement ouvert et vierge de tout jugement, s’effaçant pour laisser l’âme puiser à la source de sa propre puissance, va soutenir la personne dans son envol, en lui ouvrant le champ inouï des possibles et de ses ressources.  Puis il se retire ; sa joie étant dans la liberté de l’autre. Qu’est-ce que la liberté?

Question philosophique s’il en est, le coaching y répond par la pratique.  On n’est pas libre en soi, on est libre de quelque chose et en vue d’autre chose.  Le coach est simplement là pour rappeler à la personne qu’elle a non seulement la puissance, mais aussi la permission et surtout d’abords la possibilité de se libérer de l’un ou l’autre blocage, le blocage le plus fondamental étant sans doute la peur.  En vue de quoi ? Toutes les actions, accomplissements ou objectifs à atteindre ne suffiront pas à combler le vide qu’avait creusé la peur, si la personne ne se reçoit pas d’abords pour qui elle est, profondément, mais aussi juste pour qui elle est. Comment la peur pourrait-elle alors être tout à fait dépassée, sinon par un amour inconditionnel ?

Ce moment où le coaching rejoint le regard de sagesse philosophique, est au-delà des mots. C’est un touché d’être, où le cœur et l’intelligence ne font plus qu’un. Au plus profond du coaching, ce n’est donc pas la quantité de ce qui est dit qui importe, ni même la qualité, ni même ce qui est dit, mais la présence, à soi et à l’autre. Ainsi, l’essentiel du coaching se passe dans les temps de silence. De ce silence, peut alors être accueilli un mot, un sens qui, comme un feu nouveau, va embraser le cœur de la personne pour brûler ce qui n’est plus nécessaire et éclairer d’une nouvelle lumière ce qui le sera désormais. Alors, de ce sens nouveau, la personne posera un acte qu’elle n’avait encore jamais posé. Et forte de ce nouvel élan vital, l’envergue de ses ailes se déploiera à la hauteur de ses désirs les plus profonds. »

Sophie de Hemptinne

 



Catégories :Actualité Ecole Elan Vital

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2 réponses

  1. Très très chouette article.
    Je trouve qu’on devrait le diffuser encore plus largement car il montre bien le coaching façon de chez nous ..
    Bizzz
    Piet

  2. Le champ – le chant des possibles, une danse et l’envol du coaché. Merci pour vos mots très inspirants.

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