Redondance, rends-moi ma liberté

Lorsque deux personnes se rencontrent et entament une relation, elles ne peuvent prévoir les réactions de l’autre.

Il s’agit en quelque sorte d’un jeu d’essais-erreurs : elles vont adapter leurs comportements en fonction des réactions de l’autre, elles vont réagir de façon à encourager ou décourager certains actes ou paroles.

Lorsque la relation se poursuit, un tri va s’opérer chez les deux personnes, comme un élagage parmi tous les comportements possibles.

Un observateur extérieur pourra constater que lorsque l’un dit ou fait telle chose, l’autre a tendance à réagir de telle manière.

Certaines règles du jeu commencent à structurer leurs rapports. Ces règles sont souvent implicites.

Au fil de la relation, la diversité de conduites possibles va s’amenuiser : les conduites encouragées réapparaîtront et les conduites découragées disparaîtront.

La répétition du même type de séquences interractionnelles est la redondance (Claude Shannon).

Le système se rigidifie et l’objectif sera donc d’assouplir le système pour ouvrir à nouveau le champ des possibilités.

La redondance n’est pas négative en elle-même.

Pour Bateson, l’apprentissage est l’accroissement des redondances entre soi et l’environnement.

Ce n’est que quand elle nous mène à une impasse, un conflit ou tout simplement l’ennui qu’il est intéressant de donner de l’air au système, d’envisager d’autres comportements.

La redondance exagérée finit par nuire car elle ennuie.

Pour éviter cela, il faudra introduire l’entropie, le désordre pour attirer à nouveau l’attention ou sortir d’un conflit, d’une escalade relationnelle et émotionnelle.

Certaines relations pourraient être qualifiées de « comateuses », il y a alors deux issues : soit la mort soit l’éveil.

Et l’éveil c’est justement redonner de la liberté au système, oser agir et réfléchir différemment, surprendre l’autre en étant créatif dans la recherche de solutions.

Pour repérer les redondances dans notre vie, nous pouvons penser aux scénarios que nous reproduisons comme un film tournant en boucle, avec les mêmes protagonistes répétant et faisant les mêmes choses, à l’infini !

Après quelques années, une relation de couple peut constituer une belle illustration de redondances.

Le partenaire sait inconsciemment comment il doit agir, ce qu’il doit dire pour faire plaisir à l’autre, le faire réagir, l’influencer, l’énerver….

Ce concept est donc intéressant soit quand nous vivons un conflit où chacun répète la même gamme de comportements – ce qui mène souvent à l’escalade- soit quand nous sommes enlisés dans une relation où l’ennui pointe son nez.

Nous pouvons alors nous demander ce qui nous empêche de nous comporter différemment, les convictions qui nous amènent à restreindre le champ des possibilités, ce qu’il faut assouplir pour permettre de lâcher du lest.

Les relations parents-enfants nous procurent de beaux exemples illustrant les redondances.

Un enfant fait des colères et je lui dis chaque fois de se calmer, puis à la fin je m’énerve et il crie encore plus, ou autre exemple,un enfant qui a peur et que je rassure mais au plus je le rassure au plus il est craintif.

Nous pouvons tous développer notre créativité en agissant autrement, en remettant en cause nos « vérités » (un enfant ça doit absolument obéir, il faut absolument que je protège mon enfant face à ce monde dangereux etc…).

La redondance s’applique aussi à notre relation à nous-même bien sûr.

Depuis des années je suis convaincue être incapable d’écrire un article et voilà que je l’ai pondu !

Pour BAO Group – Elan Vital

Catherine Baele

ICF – ACC Coach

www.baogroup.be



Catégories :Actualité Ecole Elan Vital

3 réponses

  1. Bravo Catherine. C’est un article super intéressant … et bien écrit en plus … didjûûû^… elle n’arrêtera donc pas de nous étonner !!

  2. Bel article en effet, didjuuu comme dirait Pierre 😉
    Ceci dit je suis un peu sceptique sur le fond, car je pense qu’on est beaucoup plus rapidement dans la redondance ‘exagérée’ que tu ne le dis: ne reproduisons-nous pas sans arrêt des comportements immatures mais stériles ou même néfastes, juste parce qu’on les a acquis par observation? Allez, lançons le débat 😉

  3. Bravo Catherine !
    Quel courage de te lancer! Contente de voir que l’IGB t’inspire aussi et que cela permet de faire des liens vraiment intéressants !
    Effectivement, en écrivant l’article, tu brises la redondance de la petite voix qui te disait incapable… Et tu sors de la redondance de l’évitement qui lui donnait raison… Belle illustration 😉 en Life !
    À quand le prochain? Ou le bouquin?

    Pour répondre à Philippe, l’observation ne suffit pas, je pense, à reproduire un comportement, elle peut amener à le produire une première fois, mais c’est le Feedback qui en résulte, comme l’explique la théorie de la cybernétique (Wiener) qui va nous amener à le reproduire. S’il nous permet de nous adopter à un moment donné du temps, nous le reproduirons et il s’ancrera comme une des tentatives de solution dans ce type de situation. Par la suite, un changement de contexte risque de le rendre inadapté, mais l’être humain, sans autre perspective, le remet en place malgré son inefficacité et la boucle interactionnelle se répète… La redondance est née… Pour ceux qui rêvent d’en savoir plus, L’Homme Relationnel de Jean-Jacques Wittezaele développe le sujet…

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